Jeunesses Communistes Révolutionnaires

Affrontements avec la police à Cergy-le-Haut

jeudi 19 juillet 2007 par RED

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Les 15, 16 et 17 juin étaient organisés un festival de « cultures urbaines » dans la ville de Cergy (95). « 100 contests » en est à sa 4e édition et cette année les organisateurs (la mairie avec des partenariats) avaient décidé de proposer une programmation hip-hop très dense, avec beaucoup de rappeurs français (Youssoupha, Mafia K’1 Fry, Sefyu…). Ce festival était donc un évènement organisé par les élus locaux à destination des jeunes, et notamment ceux des quartiers populaires. L’objectif était de rassembler un maximum de jeunes étant donné que le concert était gratuit. La mairie comptait sur la présence de 40 000 personnes. À notre connaissance, ce festival est le seul évènement à destination des jeunes des quartiers populaires et il semble que cette année la « drague » en direction des jeunes soit une première rampe de lancement avant les élections municipales de 2008. La mairie socialiste, comme nombre de villes de banlieues sait que les réserves de voix sont chez les populations des quartiers, et surtout des jeunes.

Il est évident que désormais la tactique des mairies de « gauche » (socialiste, communiste, écologiste…) sera de jouer la peur de Sarkozy et en s’appuyant sur des formes de clientélisme dont « 100 contests  » était un exemple criant.

L’édition 2 007 de « 100 contests » était organisée dans une partie de Cergy où réside essentiellement une population bourgeoise, dont les revenus contrastent avec ceux des jeunes visés par l’évènement. Le festival était par ailleurs encadré d’une très forte présence policière (bleus et nombreux civils) qui était présente dans le festival mais également dans les quartiers environnants, autour de la gare de Cergy-le-Haut.

Un festival musclé !

Le dernier jour du festival, au moment du concert final réunissant des rappeurs hexagonaux, un affrontement a lieu entre des jeunes de deux quartiers (de Vauréal et de Cergy, semble-t-il) pour une embrouille de la veille où des jeunes se seraient fait piquer leurs portables. La confrontation est rapide, entre 15 et 30 minutes. Débordée, la sécurité fait appel aux CRS et aux policiers en civil pour faire évacuer le « 100 contests » mettant fin ainsi au festival. À ce moment, deux à trois mille jeunes décident de rester sur l’esplanade où se déroulait le concert pour s’affronter avec la police qui essayait de les évacuer. Quelques slogans « nique la police » ou « nique Sarko » ont été lancés. C’était deux heures après le résultat des élections législatives qui annonçait la reconduction de la majorité UMP à l’assemblée.

Personne à Cergy ne se souciait de ces résultats et pendant que les débats se poursuivaient dans les médias, des affrontements se déroulaient autour de la gare de Cergy-le-Haut. La configuration du quartier avantageait les jeunes, les nombreuses petites rues permettant d’esquiver les forces de l’ordre. La gare et quelques commerces aux alentours ont vu leurs vitres exploser et d’autres affrontements ont eu lieu dans d’autres quartiers de la ville, une voiture de police a été bloquée puis brûlée par les jeunes.

La solidarité s’organise

Pendant tous ces affrontements, une solidarité s’est fait jour entre les jeunes. Pendant que les policiers armés de flashballs et de lance-grenades bloquaient la gare, nous avons sympathisés avec d’autres jeunes lorsque nous sautions les grilles de la gare et éviter un possible contrôle. Systématiquement, des jeunes nous prévenaient sur la position de la police, demandaient si ça allait et bien que c’était la galère, les jeunes présents ne cherchaient pas à se battre entre eux.

Ce qui s’est passé à Cergy n’est pas anodin, et bien que les circonstances puissent paraître exceptionnelles, de nombreuses émeutes ont (eu) lieu partout en France et les affrontements de novembre 2005, ne sont qu’une explosion parmi d’autres. On sait qu’à Grigny, aux Mureaux, à Chambéry, dans le Nord et ailleurs, des affrontements ont lieu entre les jeunes et les forces de l’ordre. Les jeunes des quartiers ont donc bien compris que la police et l’État qu’elle représente sont aujourd’hui leurs ennemis. L’élection de Sarkozy renforce ce sentiment et la gestion clientéliste des quartiers n’illusionne pas la population sur les difficultés qui les touchent. Le véritable constat est que les émeutes urbaines dont les médias refusent de parler montrent l’inefficacité de la politique sécuritaire que l’UMP comme le PS estiment nécessaire dans les quartiers. Il y a une nécessité de mesurer l’ampleur de ces révoltes pour être à même de les relayer et d’appuyer les revendications qui pourraient émerger, même si le premier travail à faire est de soutenir les jeunes qui sont inculpés pour avoir participé (ou non) aux émeutes.

Hichem et Mina, [Nanterre]


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